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 Les ailes brisées - 3e chapitre : donnez-moi votre avis.

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schumarette
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Féminin Nombre de messages : 6276
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MessageSujet: Les ailes brisées - 3e chapitre : donnez-moi votre avis.   Lun 1 Oct - 4:50

3

Le lendemain, elle prit la route de bonne heure pour rattraper le temps perdu, bien décidée à ne plus jamais se rendre à cette réunion annuelle. Un léger crachin l’accompagna jusqu’à Beauvoir, mais le ciel offrit ensuite une accalmie et une parcelle bleue apparut au milieu de cette mer de moutons gris. Elle vérifia l’horaire des marées avant de consulter sa montre pour constater qu’il était encore possible d’emprunter le passage du Gois. Petite, elle adorait traverser cette chaussée submersible, mais ce qu’elle préférait était s’asseoir entre ses parents, sur le mur de roches, pour observer la mer qui montait à la vitesse d’un cheval au galop, afin de recouvrir entièrement la route de ses flots. Certains automobilistes inconscients s’y hasardaient et finissaient leur trajet avec de l’eau jusqu’en haut des roues. Malheureusement, d’autres avaient moins de chance et devaient trouver asile sur les refuges qui bordaient la route, regardant avec consternation leur véhicule couler irrémédiablement dans les fonds marins. La vue de cette étendue bleue, de chaque côté de la chaussée, lui rappela l’étrange soirée de la veille, mais elle secoua la tête, désireuse de l’oublier. Elle s’arrêta à la boulangerie, où elle acheta quelques petits gâteaux pour ses grands-parents qui raffolaient de sucreries puis, à son arrivée, elle leur sauta au cou. Manon aida sa grand-mère à préparer le repas et, lorsqu’elle sortit dans le jardin pour ramasser quelques tomates, elle découvrit un beau ciel bleu : la marée avait finalement chassé le vilain temps. L’après-midi, elle l’emmena au supermarché et réalisa que les touristes commençaient à affluer, bien qu’ils soient encore loin des longues queues d’attente aux caisses des mois de juillet et d’août. Ensuite, elle écossa les haricots verts qui seraient mis en bocaux, dîna dehors à l’ombre d’un pin, puis enfila son gilet pour rejoindre sa plage. Pourtant, son pas était moins assuré qu’auparavant, car l’extraordinaire aventure de la veille l’avait considérablement marquée. Mais une fois sur la grève, elle reprit ses esprits, en se traitant d’idiote, et laissa l’océan lui procurer cette sérénité indispensable à son équilibre.
Détachant ses sandalettes, elle avança jusqu’au sable mouillé et trempa ses pieds dans l’eau, encore fraîche pour la saison, avant de s’éloigner du côté opposé au pont. Au bout d’une vingtaine de minutes, elle s’assit et remonta ses genoux sur lesquels elle posa son front pour fermer les yeux, savourant le mugissement des vagues et profitant des derniers rayons du soleil. Une ombre la priva de cette caresse et elle redressa la tête pour dévisager l’importun. Curieusement, sa présence ne l’étonna pas, mais elle ne put s’empêcher de l’interroger :
— Que faites-vous ici ? Et comment m’avez-vous trouvée ?
— Ce n’était pas très difficile, il suffisait de me souvenir d’hier.
— Que voulez-vous ?
— Vous voir. Est-ce interdit ?
— Non… non, mais qu’en pensera Murielle ?
— N’a-t-on pas le droit d’avoir des amis ?
— Amis ? Nous ne savons rien, l’un de l’autre !
— Justement… faisons connaissance. Venez !
Comme la veille, il lui tendit la main, mais cette fois-ci, elle l’ignora et plongea les siennes dans ses poches après s’être prestement relevée. Une légère ironie glissa sur ses traits et il lui emboîta le pas tandis qu’elle remontait le chemin menant chez ses grands-parents.
— De toute manière, je comptais rentrer, il commence à faire frais…
— Allons manger quelque chose. Il paraît que la crêperie, près du cinéma, propose de délicieux desserts.
Quelle conduite adopter ? Planter là cet homme qu’elle ne connaissait pas ou suivre son instinct qui la poussait à accepter ? Devant sa réticence, il insista :
— Juste une crêpe. Que craignez-vous ?
Il avait raison, elle était ridicule. Après tout, sa proposition ne semblait pas malhonnête et elle mourait d’envie d’en apprendre un peu plus sur lui.
— D’accord, mais je n’ai pas d’argent, je dois passer chez moi.
— Je vous invite.
— Ça me gêne.
— Ne vous inquiétez pas, c’est de bon cœur et je ne demande aucune contrepartie. Et puis, c’est moi qui ai insisté, n’est-ce pas ?
Il comprit qu’il avait gagné puisqu’un large sourire éclaira son visage et ils prirent la direction du centre-ville :
— Il y a longtemps que vous travaillez à la banque ?
— Non… Enfin, depuis trois ans déjà.
— Vous aimez votre emploi ?
— Aimer ? C’est beaucoup dire. Non, pas vraiment, mais il faut bien vivre. J’aurais préféré rester ici, mais trouver un poste dans ma branche s’est révélé impossible. Ceux qui ont la chance d’en décrocher un le gardent et, du coup, je n’ai pas eu d’autre choix que de m’exiler à Nantes.
— Pourtant, monsieur Dubois ne semble pas si désagréable ?
Elle lui jeta un regard en coin pour savoir s’il s’agissait d’un test, mais son visage ne laissait rien paraître :
— Vous espionnez pour son compte ?
Légèrement vexé, il rétorqua brusquement :
— Pour qui me prenez-vous ? J’ai de nombreux défauts, mais pas celui-là.
— Excusez-moi… je ne voulais pas vous insulter, c’est juste que je ne vous connais pas et vous me posez des questions sur mon patron, alors que vous fréquentez sa petite-fille. Mettez-vous à ma place, cela semble louche.
— Fréquenter n’est pas le terme exact. Allez-y, entrez !
Il ouvrit la porte pour la laisser passer. Surprise par cette galanterie à laquelle elle n’était pas habituée, elle pénétra dans la salle aux murs de pierre blancs et s’installa à l’une des tables situées au milieu de la pièce, redoutant toute familiarité. Devinant ses pensées, il s’assit face à elle, en souriant :
— Alors ? Que commandons-nous ?
Il s’empara d’un menu qu’il feuilleta, sans la quitter du regard et, embarrassée, elle plongea dans la page des desserts, incapable de fixer son attention sur les lettres qui s’étalaient sur la carte :
— Je ne sais pas, tout a l’air délicieux. Ce n’est pas bien de m’avoir tentée !
Son sourire se figea et une émotion indéchiffrable parcourut ses traits.
— Non, je ne cherche pas à te tenter, jamais je ne ferais cela avec toi. Si vraiment cette idée te déplaît, partons ! Je voulais simplement te faire plaisir, mais si tu le prends ainsi, allons-nous-en !
Déjà, il reculait sa chaise, mais elle le rattrapa par le bras, affolée :
— C’était pour rire. Ne vous fâchez pas, je pensais juste être drôle… Désolée, je n’ai pas un très bon sens de l’humour...
Il se rassit et releva sa tête qu’elle avait baissée, soutenant son menton pour plonger son regard de jade dans les siens. Ce qu’il y vit dut le satisfaire puisqu’il récupéra le menu et continua, comme si de rien n’était.
— Que choisis-tu ?
— Celle avec la noix de coco et le chocolat est plutôt tent… euh, je veux dire, elle a l’air délicieuse. Je vais prendre ça.
Dès qu’elle avait vu l’homme se lever, la jeune serveuse s’était empressée de noter leur commande, supposant qu’il n’était guère patient :
— La même chose pour moi, s’il vous plaît.
Manon se sentait un peu gauche et honteuse de l’avoir froissé, mais il poursuivit la conversation d’un ton aimable et charmeur en la questionnant sur son enfance, sa famille, ses amis. La soirée se révéla agréable, car son hôte se montrait prévenant, et ce ne fut que lorsque la petite serveuse leur tourna autour qu’il vérifia sa montre :
— Hum… je pense qu’il est temps de partir. Cette jeune fille veut probablement rentrer chez elle.
— Quelle heure est-il ?
— Pas loin de minuit.
— Mon Dieu ! s’exclama-t-elle en se levant précipitamment, mes grands-parents doivent être fous d’inquiétude.
— Nous serons chez toi dans deux minutes. Ma voiture est juste à côté.
À peine dehors, il se dirigea vers une superbe BMW décapotable qu’elle n’avait pas remarquée, bien que ce genre de voiture ne manque pas d’attirer le regard. Il ouvrit la porte, démarra rapidement et, comme promis, ils furent en un temps record devant le muret blanc d’où elle les repéra, assis sur le banc :
— J’avais raison, ils m’attendent. Merci pour cette soirée. J’ai vraiment passé un bon moment.
Elle avait déjà la main sur la porte, mais il la rattrapa par le poignet et l’attira contre lui :
— Oui, c’était délicieux. Bonne nuit, Opaline.
Il déposa un léger baiser au coin de ses lèvres, avant de la lâcher. Déconcertée, elle tâtonna pour trouver la poignée, puis s’enfuit, comme si elle avait le diable aux trousses.
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maricali
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Date d'inscription : 30/03/2009

MessageSujet: Re: Les ailes brisées - 3e chapitre : donnez-moi votre avis.   Lun 1 Oct - 5:28

bravo2 toujours aussi passionnant, ça nous laisse dans l'attente de la suite... et au niveau de la lecture, c'est fluide agréable à lire
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corinne
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Date d'inscription : 03/03/2009

MessageSujet: Re: Les ailes brisées - 3e chapitre : donnez-moi votre avis.   Lun 1 Oct - 5:49

ben moi je lis pas beaucoup mais cela me parait bien saut de feuilles saut de feuilles saut de feuilles saut de feuilles perroquet perroquet perroquet

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MessageSujet: Re: Les ailes brisées - 3e chapitre : donnez-moi votre avis.   

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